Soignant, 1 métier, 3 concepts

Ce que je vais aborder relève du développement personnel.
Pour mon tout premier article, j’ai décidé d’exposer au grand jour des notions qui ne sont quasiment plus présentées dans les différents instituts de Formation d’Aide Soignant(e)s. Cette omission dans les programmes et dans la parole formatrice a des conséquences regrettables. Il est reconnu que la société « moderne » actuelle est schizophrène : à la fois humaniste et narcissique, bienveillante envers les plus vulnérables et pourtant séduite par le frisson du voyeurisme…  Ces notions ou « concepts » oubliés que je vais expliciter sont pourtant fondamentaux et sont la clé pour réussir ses études et s’épanouir dans son travail. En évacuant (consciencieusement ou non) certaines notions du répertoire soignant, les institutions fabriquent une main d’oeuvre qui consomme et disparait sans laisser de traces, prenant le risque de transformer de courageux humains  en population frustrée, aigrie et parfois maltraitante envers les siens et envers elle-même. Mais je suis un pragmatique, alors allons droit au but ! Nous allons découvrir ces 3 notions fondamentales et curieusement contradictoires que j’identifierais ainsi :

1 – LA DIFFÉRENCE

Vous voulez devenir Aide Soignant(e) ? On entend souvent dire « je voudrais être utile aux autres ». Sous entendu « et en vivre pas trop mal » ! Ce qui régit cette idée, c’est l’acceptation aveugle de l’Autre, autrement dit c’est l’Amour de son prochain. Car pour consacrer ne serait-ce que 10 mn à un odieux prisonnier en attente d’une opération, il faut sacrément l’aimer, cette Humanité ! Et il faut avoir aussi accepté les innombrables contradictions de nos vies. Jamais il ne viendrais à l’idée à l’Aide Soignant de laisser à l’abandon ce « pauvre type » ou pire de se ruer sur lui dans le seul but de débarrasser la Terre d’une « ordure » pareille ! Admettre, reconnaître que le « coupable » mérite d’être aidé, soulagé et écouté, c’est un drôle de sacerdoce dans notre société laïque et égocentrique ! Il est tellement différent de Moi ! De Toi, d’Elle, d’Eux… Nos différences ne s’expliquent pas : elles s’acceptent sans jugement, car toutes ces différences forment la Vie, créée ainsi. Il va de soi qu’avec cette notion qui ne saurait supporter aucune science,à part celle du Mystère de la Vie, la « normalisation » n’a pas sa place. D’un point de vue politique, le Soignant demeure intrinsèquement « particulier ». Les stéréotypes, les normes, l’exactitude reproductible, l’Aide Soignant et l’infirmière ne connaissent pas (en tout cas ne devraient pas). Ainsi, tout ce qui déshumanisera la profession de soignant ne peut être considéré que comme un corps étranger. Une des lois qui organise le mental de l’Aide Soignant c’est la Différence. Une différence qui ne s’impose pas, qui ne s’oppose pas, mais qui est.
POUR SIMPLIFIER : devenir (Aide) Soignant, c’est rendre honneur au Mystère infini de la Différence, et par conséquent être cet individu qui sort forcément du lot et qui doit porter la parole des différences plutôt que de l’indifférenciation.

2 – LE MIROIR

Certaines personnes choisissent ce métier pour exploiter et développer certaines de leurs qualités. C’est ce qu’on trouve au chapitre « Compétences » sur les CV. La réalité nous emmène pourtant vers un terrible paradoxe : nous sommes tous différents et nous sommes tous des particules de l’Univers. La Science tend en effet à nous rapprocher de la poussière d’étoiles lointaines, faisant de toute matière une « particule » d’un ensemble à priori infini (cf LHC et le Boson de Higgs, appelée la « Particule de Dieu »). Et il est en effet bien difficile de regarder la personne qu’on aime dans les yeux sans ressentir un puissant aura indescriptible. « Pourquoi je l’aime ? ». Nous nous retrouvons dans ce regard humain mais également dans celui d’un chaton attendrissant ou d’un poisson rouge en bocal ou encore de la Mona Lisa ou l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci… Tout indique que nous nous (re)trouvons dans tout ce que l’Amour peut faire. L’Amour peut tout aussi bien être la Nature, la tristesse, l’Art… Nous faisons donc face au grand miroir de la Vie, et nous nous y reconnaissons quand l’Amour est là.  Les Aide Soignant(e)s détestent ce qui est repoussant, certains ne supporteront par exemple pas du tout la vue d’un vomit, alors qu’ils sont confrontés parfois à des vraies scènes d’horreur !  Quand l’Amour (du prochain et sans doute de Soi) est absent dans son lieu de travail, le Miroir de la Vie reste opaque, et peut se montrer repoussant… C’est à ce moments là que le soignant devient triste, paralysé, tellement pétrit de douleurs et d’amertume ; il veut quitter sa profession, quand ce n’est pas quitter la vie volontairement… Pouvoir se refléter dans l’Autre est une autre notion fondamentale pour s’épanouir en tant que soignant ou apprenti soignant. Il s’agit donc de reconnaître nos différences et de reconnaitre l’Amour dans l’Autre dans une situation aimante de communication et d’aide.
POUR SIMPLIFIER : devenir (Aide) Soignant, c’est se reconnaître dans l’Autre pour se réconcilier avec soi-même et s’aimer et s’aider davantage. C’est une mission très difficile dans notre société moderne actuelle qui préfère la dissimulation et le secret plutôt que l’Amour à livre ouvert.

3 – LE SALUT

Vous voulez devenir Aide Soignant(e) ? « Ceux qui savent » ne vous parleront surtout pas de votre propre sentiment de culpabilité. La culpabilité, c’est pour les patients, disent-ils. Ces « malades », ces « patients » en ont tellement sur la patate ! Et puis, mince, ils ont les maux du monde qu’ils méritent, non ? C’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont malades. Alors qu’ils patientent – sous entendu « ça leur apprendra » ! Quelle sombre vision…
Il est temps de parler des VALEURS. On ne peut pas devenir AS sans avoir de puissantes valeurs ancrées aux pieds, c’est ce qui nous maintien dans le « vrai » Monde terrestre invisiblement relié au spirituel. Un métier « pour gagner sa vie et rapidement », c’est une idée, mais une idée qui correspond bien à la propre idée que l’on peut avoir de soi. Derrière cette idée se cache en réalité que l’on ne mérite vraiment pas mieux que faire « torche cul » (stéréotype absurde du métier). Qu’on a finalement bien cherché tout ça et que quelque part, on est soi-même aussi un malade ! Cette sombre idée incite naturellement à avoir recours à l’Assistance, celle de l’État, de l’Agence pour l’Emploi, de la banque… Le futur Soignant restant alors à sa place de consommateur, une position qui le condamne inexorablement à l’ennui, l’aigreur puis la cruauté…
Bien évidement que nous nous sentons coupables ! Cela remonte peut être à Adam et Ève de la Bible, c’est à dire loin, très loin ! Comme le futur Soignant veut et doit travailler dans la bienveillance, il est fondamental de reconnaitre la nécessité vitale de se remettre sur le droit chemin en aidant l’Autre. Terminé l’égocentrisme et la désolation !
C’est bien beau tout cet idéalisme, me direz-vous, mais ces soignants méchants, mal traitants, ne sont-ils pas soignants ? Soignants, non. Coupables, oui !  Ils sont en réalité enfermé dans une quête désespérée de solutions pour assumer leur culpabilité. Les soignants méchants, abîmés, sont des malades qui s’occupent des malades. Ils sont rendu au point de départ, celui de l’idée de « faire ça pour gagner sa vie ». Ils ne suscitent ni admiration, ni respect… à peine de la pitié.
Plutôt que de réaliser un aller-retour à un point de départ peu glorieux, nous préférons plutôt entamer un grand et extraordinaire voyage sans fin du « prendre soin de l’Autre ». Pour y arriver, la notion de Salut est essentielle. Nous devons rechercher à corriger les erreurs de notre vie en apportant du réconfort dans la vie des autres, en l’occurence des malades. Ainsi, en les aidant, en essayant de les remettre « sur les rails », par effet miroir, c’est nous mêmes que nous soignons et remettons sur le droit chemin.
POUR SIMPLIFIER : devenir (Aide) Soignant, c’est aider l’Autre pour soigner ses propres blessures. La vie moderne actuelle nous pousse à faire de nombreuses erreurs que nous regrettons, nous réussissons à nous sentir mieux en pratiquant la bienveillance et en développant la notion de bien-être essentiel autour de nous.  
Vous connaissez maintenant ma Trinité Soignante ! Loin de me prétendre un chercheur, j’ai en tous cas trouvé un moyen d’éclairer des zones trop souvent maintenues dans l’obscurité au sein des formations d’Aide-Soignants. La spiritualité, la psychologie et la bonne conscience sont indispensables pour maintenir un haut désir de prendre soin et, si possible, de soigner. Des valeurs qui peuvent également se révéler utiles à d’autres professionnels en quête d’épanouissement, et qui sont gratuites et moins risqué qu’un tour du monde…

Le bien-être, c’est avant tout de la douceur

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