Autorité, mon alliée, suite

En février 2017, je rédigeais un article qui remettait à sa juste place l’autorité. Nous avions vu que l’autorité (du latin auctoritas, grandir) permet littéralement de prendre de la hauteur, et que son absence tire en réalité vers le bas.

Certains allergiques à l’autorité opposeront la fameuse « éducation scandinave » portée en modèle et qui permettrait de se libérer du joug d’une autorité perçue comme autoritaire. Ces aventurier(e)s d’un nouveau monde idéal sont convaincus qu’en se libérant de l’autorité, on libère la créativité et l’auto-apprentissage des enfants, permettant ainsi une sorte d’émancipation de l’individu, qui serait, toujours selon eux, aliéné par l’ordre conservateur autoritariste. Pourtant, de récentes analyses tendent à prouver que l’éducation scandinave n’est en réalité qu’un pur produit du libéralisme, système pourtant décrié par les fanatiques du modèle scandinave.

Un « modèle scandinave » présenté de manière malhonnête

Ces pays pris en modèles par une certaine élite française sont : la Suède, la Finlande, la Norvège et le Danemark. Des pays ou un français doit presque vendre un rein pour se payer une bière tant les salaires y sont beaucoup plus élevés que chez nous (je plaisante ! Encore que…).

Une étude de la Banque Mondiale en 2010 a révélé que les pays Scandinaves se classent tous dans le top 20 des plus riches. Sur 180 pays, la Norvège est 4ème, le Danemark est 12ème, la Suède est 14ème et la Finlande 19ème. La Scandinavie se place donc au niveau des USA et du Canada, et a adopté la politique du libre-échange et du non interventionnisme de l’État, alors que la France, raccrochée à la 24ème place, peine à faire passer des lois comme le TAFTA ou le CETA. Une France où l’État règne en monarque absolu sur une bureaucratie intouchable.
Décentralisation, bureaucratie réduite, sous-traitance concurrentielle, alignement public-privé, État détaché du monde des affaires… Tellement différent de nous ! Les pays scandinaves nous sont pourtant présentés depuis des décennies comme le modèle à suivre en matière d’apprentissage et de rythmes scolaires, et ce serait grâce à l’auto-apprentissage. Que nenni ! Ces pays sont parvenus à un tel résultat uniquement avec l’application d’une logique de discipline, car pour mettre fin à la dictature bureaucratique et à l’insécurité, il en faut une poigne de fer ! Il suffit de voir le niveau exceptionnel de discipline et de sécurité dans les pays nordiques pour s’en rendre compte : personne ne traverse au feu vert, personne ne vol de vélo dans la rue et personne ne négligerait ses études pour rien au monde, puisque c’est par cette conduite disciplinée et droite, vertus de l’autorité, que le pays est si bien classé pour son niveau de qualité de vie !
Le modèle scandinave est donc loin d’être « social » à la française et encore moins libertaire ! À partir du moment où on accepte le fait que même le modèle scandinave est basé sur une bonne dose d’autorité, qui permet au pays de grandir et de se hisser jusqu’aux meilleurs classements, plus rien ne nous interdit de valoriser à nouveau ce qui fit la réussite de la France : la discipline heureuse ! Le plaisir de participer ensemble à la grandeur du pays, la joie de faire équipe pour atteindre l’excellence en matière d’éducation, de défense, de soins… Mais comment faciliter le retour d’une autorité gagnante ?
Quelques pistes pour un retour à l’autorité gagnante :

Le retour du service militaire

Pour avoir fait mon service militaire malgré mes nombreux préjugés sur le sujet, je peux affirmer que le service national (hormis les travers de toute situationde ce type) permet :
une mixité sociale favorable à la paix sociale, à l’amitié entre personnes complètement différentes et à une plus grande ouverture d’esprit
une cohésion nationale où la consommation et le dictat des marques et de l’apparence est en arrière plan et non pas en première place des facteurs de division et d’exclusion
un renforcement des liens familiaux par le respect des autres et la joie des retrouvailles. L’élément transmission du savoir être et du savoir faire militaire est également fondamental
favorise l’évolution scolaire et professionnelle, ainsi qu’une polyvalence salvatrice
Qu’il soit civil ou militaire, le service national est bénéfique pour tous et son surcoût épargne les millions de dépenses publiques et privées liées aux dommages collatéraux de son absence (communautarisme, délinquance, violences urbaines, désœuvrement…). Cette piste doit être prioritaire et le président Macron en avait d’ailleurs fait une promesse électorale, mais comme chacun sait, les promesses n’engagent que ceux qui les tiennent… Six mois serait une durée minimum et l’uniforme une obligation.

L’uniforme dans toute la scolarité primaire

Promesse électorale de la droite et fort désir chez la population y compris d’origine immigrée, l’uniforme a les mêmes atouts que le service militaire : cohésion, mixité, neutralité…

La plupart des pays d’origine des immigrés en France ont conservé l’uniforme dans les écoles, on peut citer l’Angleterre, l’Asie, l’Indonésie… Nombre de parents dépassés par leurs enfants verraient d’un très bon œil l’uniforme dans les écoles de France. Ce serait en outre une source d’emplois non négligeable et de l’argent mis dans les loisirs familiaux plutôt que dans des paires de baskets à 100€… En France, seuls les armées et l’APHP utilisent l’uniforme pour conduire les apprentis vers l’excellence.

Des classes maîtrisées

Le président Macron avait mis dans son programme une autre promesse : les classes seraient toutes réduites à 15 élèves maximum. C’est une nécessité, mais cette mesure devrait être valable pour toutes les classes partout dans le pays, du moins jusqu’en primaire. L’indiscipline des élèves actuels est telle qu’il faut recanaliser les énergies vers l’apprentissage plutôt que vers la distraction. En outre, trop d’enseignants travaillent plus chez eux qu’en classe. Un tabula rasa des effectifs et de leurs attributions est indispensable, pour le bien de tous.

Vers la fin du laxisme ?

Le laxisme si souvent dénoncé par les oppositions depuis 40 ans a fait preuve de son échec et de sa dangerosité. En 2017, le mondialisme se heurte aux traditionalisme : celui des Français de souche qui se sentent menacés, et celui des Français d’origine immigrée, dont le pays d’origine et souvent la religion imposent paradoxalement la perpétuation des traditions (et donc de la discipline, indispensable pour les conserver et les propager).
Enfin, il n’est pas inutile de savourer la définition exacte du mot « laxisme » :

Laxisme, du latin laxus, large, relâché. Système de théologie morale selon lequel il est loisible de suivre une opinion qui a une légère probabilité, même à l’encontre d’une opinion nettement plus probable. (Le Larousse).
Cette doctrine prône une « tolérance, une indulgence excessive ». Les jésuites furent sévèrement accusés de « laxisme moral », notamment par Blaise Pascal, auteur des « Provinciales ».
Aujourd’hui, le laxisme est utilisé pour définir une « politique de relâchement » à l’encontre des infractions, délits et crimes.(Wikipédia)

Espérons donc que les soignants eux-mêmes cesseront d’être les victimes collatérales du laxisme politique français qui encourage depuis trop longtemps le « service minimum » et le laisser-faire sans que jamais les responsables ne soient ni désignés, ni sanctionnés. Y compris au niveau de l’encadrement et des Ressources Humaines…

 

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