Photomontages : homme blanc, noir ou gris ?

Une société à deux visages

Je vous présente deux photomontages que j’ai réalisé à deux époques différentes et qui traitent de la question des noirs dans notre société. Un sujet qui me touche particulièrement car quand j’étais infographiste vers la fin des années 90, j’étais (comme tant de “gens de couleur”) en difficulté dés qu’il s’agissait d’intégrer le milieu de la Communication et des studios de création.

Le premier photomontage date du début des années 2000. J’ai représenté un homme dans un futur plutôt glacial. Je souhaitais représenter l’ambiguïté de la question de l’intégration des noirs : l’homme noir contraint de se conformer au mode de fonctionnement des blancs, au point qu’on peine à l’identifier vraiment. C’est l’homme “gris” à la Michael Jackson. Un homme qui se ment, ne pouvant être totalement lui-même s’il veut parvenir à ses objectifs (“réussir” et gagner beaucoup d’argent).

Le second photomontage date de 2018 et prend comme sujet Donald Trump, actuel président des États-Unis. Un président protectionniste qui fait polémique. Vingt années séparent la première image de la deuxième. Nous sommes aujourd’hui dans monde qui a changé de visage (si j’ose dire !). Avec ce dernier photomontage, j’ai voulu sortir des préjugés et poser la question suivante : si Trump était noir, mais alors vraiment très noir, serait-il toujours taxé de racisme ? Ne pourrait-il pas être considéré comme plus acceptable ? Être noir est-il une garantie de non-racisme ?

 

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Différences ou indifférence ?

Les temps ont bien changé avec les technologies de l’information mais la problématique reste hélas la même. L’actualité des migrants est là pour témoigner des paradoxes de notre société. Les peurs, les excès, la démagogie et les dérives extrémistes de tous bords me conduisent à poser cette autre question : les blancs d’aujourd’hui portent-ils un regard objectif ou finalement totalement subjectif sur les noirs ? Je ne suis pas certain que les blancs qui prétendent défendre la cause des noirs (qui seraient les opprimés) sachent réellement de quoi il est question. En l’occurence, je pense que le cœur du problème se situe dans la dichotomie du respect naturel des différences et d’un devoir d’indifférenciation qui s’oppose à une politique en faveur de “minorités” ou de quotas. Une “différence indifférenciée” qui concernerait d’ailleurs les deux parties concernées.

Permettre à une “minorité” (terme horrible) d’accéder à une place réservée pour servir un dessein précis, c’est une chose. Lui permettre d’accéder à n’importe quelle place en toute égalité en est une autre…

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