Mon bilan 2018 : une course contre la montre

Reconversion et projet professionnel

L’année 2018 aura été une année charnière : je ne suis pas prêt de l’oublier ! Le temps du bilan est un moment indispensable pour le bon déroulement d’un projet professionnel. Dans un an, quand je relirais cet article, je suis certain que le chemin parcouru aura pris une toute autre dimension. L’année 2018 aura avant tout été pour moi une course contre la montre !

Générique de FIN du drame hospitalier

Trois ans que j’étais dans une impasse. 13 ans de ma vie passée dans un système hospitalier perverti ces dernières années par un leaning management destructeur capable de décourager et d’user les soignants les plus investis. 
 

Au-delà de ce que dénoncent les médias, le turnover permanent du personnel soignant a abouti à une baisse de la qualité des soins et des salaires, à un déficit de considération. Un hôpital est tout sauf une entreprise. Avec l’usure hospitalière provoquée par la course à la rentabilité, la fin du film hospitalier s’annonce particulièrement risquée. 

Plutôt que de tourner à vide dans ce scénario tragique, j’ai décidé — ou plutôt les circonstances en ont décidé ainsi, de reprendre l’écriture du scénario de ma vie ! Saisir l’opportunité de changer de vie professionnelle a été une véritable libération ! Une sensation est assez étrange à vivre. 

Faire le bilan avant de se lancer

En février, un médecin formidable m’a alerté sur les risques de poursuivre ma “carrière” de soignant. En fait, il n’y a pas de carrière Aide-soignante ou infirmière mais une impasse structurelle. Pour se reconvertir, aucune passerelle ! 
 

Je tiens à témoigner de la vertu thérapeutique de l’arrêt maladie : c’est un temps pour souffler, un temps de réparation idéal pour faire le bilan de sa situation. 

Je me suis soigneusement préparé aux procédures de mon licenciement. Pour un soignant, le licenciement est une chose rare, voir inaccessible — on démissionne, un point c’est tout ! 
Ne sachant pas quand le licenciement interviendrait, j’ai laissé mes mécanismes de protection prendre naturellement le relais, ce qui m’a permit de trouver des solutions assez rapidement. Il faut s’écouter, le temps passe si vite !

Se projeter… dans 10 ans

J’ai décidé sans plus attendre d’autofinancer mon bilan de compétence. L’avantage de l’auto-financement c’est qu’on ne dépend pas d’un organisme de financement avec ses délais incertains. J’ai pu librement choisir la société de consulting. Nicolas, mon consultant, est un fan de BD et de 3D. Le courant est passé rapidement. 

Au bout de 3 mois, j’avais écarté la fausse piste du social pour un retour à mon premier métier exercé à la fin des années 90 : infographiste. Un métier qui me correspondait mais pour lequel j’avais manqué de légitimité et de maturité. Nicolas m’avait demandé de rédiger des scénarios de vie dans lesquels je devais me projeter dans 10 ans ! 

Le premier scénario m’avait paru tellement évident : graphiste indépendant ! Je commençais aussi à reprendre le dessin de manière plus régulière. J’étais en train de dessiner les fondations de mon projet professionnel.

Le cocktail pour gagner la course : une tête bien remplie et des bonnes jambes

Je me lance alors dans une course effrénée : je me plonge dans d’innombrables lectures : communication, marketing, entreprenariat, développement personnel, gestion de projets…
 
En pleine procédure de licenciement — qui dure plusieurs mois du fait de vices de procédures de l’employeur, j’auto-finançe une formation de remise à niveau Adobe Indesign de niveau 2. Je passe la certification TOSA. Le graphisme, c’est comme le vélo : ça ne se perd pas !

Je me lance dans le webdesign de mon site de graphiste avec WordPress et Elementor. Un travail complexe sans une solide formation web. À ce jour, j’ai fini par en faire un site responsive de niveau correcte qui s’enrichira au fil du temps.

Je réalise toutes les démarches pour devenir micro-entrepreneur. J’étudie la stratégie de communication. Je fréquente la Chambre du Commerce et de l’industrie, les salons professionnels… J’imprime des cartes de visites. Je ne suis évidement pas prêt pour l’auto-entreprenariat à ce moment là, mais la dynamique est vertigineuse et fonctionne comme un booster !
 
Avec le temps, j’ai compris les mécanismes toxiques qui m’ont usé ces dernières années à l’hôpital. L’expression “en avoir plein le dos” a pris tous son sens ! 

L’enthousiasme et la dynamique ne suffisent pas car il me manque encore l’essentiel : la légitimité !

Gagner sa légitimité ou rester sur le bord de la route

Une première solution en forme d’étape s’offre à moi : la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience).  Mes années d’exercice en tant que maquettiste en agences de communication sont loin d’avoir été inutiles (sûr !). Problème : j’ai besoin de produire du matériel nouveau pour mon Portfolio de graphiste et d’illustrateur. 

Le hasard m’apporte une solution en octobre 2018. Je décide de me lancer dans un challenge graphique que je viens de découvrir sur Instagram : Inktober. 31 dessins à l’encre traditionnel et numérique. Une expérience enrichissante et idéale pour gonfler la confiance en soi. 
 
Pourtant, une question me taraude : dans quel secteur(s) m’engager ? Quelle(s) spécialité(s) ? Je poursuis mes investigations auprès d’écoles de design prestigieuses mais qui vous bercent un peut trop d’illusions… et se battent pour vider votre compte en banque ! Or, je n’ai plus 25 ans… Ne pas prendre de décision hâtive !
 
Mes neurones se mobilisent — ça m’arrive :-)) : la meilleure réponse à mes besoins spécifiques ne serait-elle pas d’avoir recours à des cours particuliers ? Je fais appel à deux “Super Profs” : une jeune graphiste webdesigner et un senior en mise en pages, de véritables mentors

Tandis que mon mentor m’aide à boucler mon Portfolio d’illustrateur et à revoir les grands fondamentaux de la mise en page, ma mentor junior me donne de quoi produire pour mon book de graphiste que je dois présenter à la VAE en 2019. 
 
L’usine tourne au maximum, mes journées de “demandeur” d’emploi — terme totalement inadapté !) durent 10 heures !

Mes hits 2018

En 2018, j’ai réussi à construire et respecter un projet professionnel cohérent et réaliste :
 
  • J’ai appris à accepter de l’aide, ce qui est nouveau pour moi 
  • J’ai appris lors du bilan de compétence que j’ai un profil d’organisateur et de directeur extraverti ! Avec cette découverte, j’ai compris pourquoi je m’étais dirigé vers l’univers hospitalier. La relation d’aide avait permis au faux timide que j’étais de m’extérioriser de manière formidable en une dizaine d’années
  • J’ai appris à montrer mes travaux et à accueillir les remarques (souvent plus positives que je n’aurais imaginé !)
  • La chance est un élément important dans ma vie, car je suis le genre de personne qui a toujours été conscient de son potentiel mais qui n’avait pas accès aux leviers pour dépasser les obstacles socio-culturels (et financiers !). “La chance, ça se travail”, dixit Philippe Gabillet et son “Éloge de la Chance”. Pas mal de lectures m’ont été très utiles durant cette année 2018 assez intense, dont le Vous Pouvez être ce que vous voulez être” de paul Arden
  • Je me suis inscrit à des cours d’Arts plastiques, ce qui m’a offert de nouvelles opportunités 
  • Étant tombé dans le piège du surmenage (hé oui, certains chômeurs s’épuisent pour tenter de s’en sortir !), j’ai appris à prendre du temps libre, à prendre soin de moi après avoir tant pris soin des autres ! Mais je dois rester vigilant sur ce point !
  • J’ai réalisé un rêve avec la conception de A à Z d’un site web “responsive” pour une association d’Arts plastiques (cahier des charges, charte graphique, maquettage et livraison finale avec stratégie de com’ en sus !). Ouverture officielle à la fin janvier
  • Je mets en application une stratégie de communication avec une ligne éditoriale cohérente (Identité, réseaux sociaux, site).
 
 

Mes flops (pas si flop)

  • L’isolement. Au bout de plusieurs mois assez intenses, le schéma est assez classique : la dynamique de courbe a ralentie puis remonte etc. Difficile de bien vivre l’inactivité (relative) quand on est aussi énergique que moi. D’un entourage de 50 personne dans la journée je suis passé la plupart du temps à… plus grand monde ! 10h par jour face à un ordi qui cherche du travail, pas toujours évident. Je ne veux plus connaître ces affreuses journées où je ne sortais pas, les yeux cernés, à déjeuner à 16h — mais il semble que cet état passager fait partie du contrat de la reconversion ! L’instauration de routines est vital pour échapper à ce siphon social
  • Le pardon. Difficile de pardonner aux personnes en partie responsables de votre licenciement. Il y a tout un travail de deuil à faire. Les larmes finissent par évacuer ce trop plein de rancœur nauséabonde et annoncent des jours meilleurs. Il n’y a pas que Dieu qui pardonne : il faut savoir pardonner, évacuer les rancœurs pour aller de l’avant !
 
 
Prochain article : mes projets pour 2019
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