Le papier, support d’expression et d’impression, partie 2
Le papier d'impression couché non couché
Histoire, fabrication et conseils pour choisir le bon grammage du papier.

Comment choisir le bon papier et pour quelle utilisation ? Quel niveau de détail peut-on espérer ? Après être parti à la découverte de l’histoire du papier, nous allons explorer ensemble les différents types de papier qui existent. Des notions techniques comme le grammage et la linéature nous seront nécessaires pour des impressions… sans bavures.

Comment choisir le bon type de papier ?

Couché ou non couché, mat ou glacé, il existe un grand nombre de types de papier, à tel point qu’ il peut s’avérer compliqué pour s’y retrouver. La meilleure solution reste encore de s’adresser à un imprimeur. C’est l’interlocuteur idéal pour choisir quel grammage et quelles encres utiliser. Des conseils que tout graphiste print consciencieux et curieux peut vous fournir. J’ai eu la chance de débuter en imprimerie : je connais bien la chaine graphique mais je le répète, l’imprimeur reste l’expert en la matière.

Connaître la résolution et le grammage du papier

Comme les écrans, le papier offre des possibilités de résolutions différentes. En imprimerie, on parle de linéature. La linéature est le nombre de points d’impression ou de cellules de trame par pouce, utilisé pour imprimer des images en niveaux de gris ou des séparations de couleur. La linéature est exprimée en lignes par pouce (lpp) ou lignes de cellules par pouce dans une trame simili. Plus la résolution du périphérique de sortie est élevée, plus la linéature utilisée sera fine (élevée). Si vous regardez de très près les affiches dans le métro, vous pourrez observer le simili.

trame simili quadri
Trame simil quadri

Le grammage s’exprime en gramme par mètre carré (g/m2). Un papier est d’autant plus souple que son grammage est faible et vice versa.

Les différents types de papiers

La liste qui suit n’est pas exhaustive car un livre n’y suffirait pas.

Le papier journal

Journaux, bande dessinées… vous le connaissez bien. Bon marché, il est d’usage courant. À base de pâte de bois mécanique. Son grammage va de 35 à 50g. C’est un papier très opaque, d’un blanc médiocre et qui vieillit vite. Le niveau de détail est faible : linéature 85 lpp maximum.

Le papier de bureau

C’est le papier imprimante, utilisé notament pour les papiers en tête. Grammage : de 65 à 120 g selon la qualité. Linéature 150 lpp maximum (livres et brochures).

Le papier carton

Blanc et épais, proche du papier à dessin. Il est souvent utilisé pour les rapports annuels. Le carton gris, lui, est un papier recyclé blanc épais très utilisé en packaging et pour les couvertures de livres. Le grammage dépasse souvent les 240 g.

Le papier fini antique

C’est un papier brut de papier offset, texturé, adapté aux rapports d’activité des grandes entreprises pour son style.

Les papiers couchés (coated) et non couchés (uncoated)

Les papiers couleurs et papiers texturés
Poid, couleurs, texture, matière… Un choix presque infini de papiers

Le terme « Couché » désigne l’ajout sur le support papier d’une couche (coat) de pigment fin/d’ashésif avec plus ou moins une finition pour obtenir un style, un toucher particulier. L’absorption des encres et d’autres facteurs assez techniques peuvent faire varier considérablement le résultat final selon le papier utilisé. Pantone est la référence mondiale de la gestion des couleurs depuis déjà trois siècles. Les imprimeurs conseillent donc aux graphistes d’utiliser une palette de couleurs PMS (Pantone Matching System). L’option « Pantone Solid Uncoated » doit être enregistrée avec la norme “PDF/x-1a :2001” dans le logiciel d’export. Pour l’impression quadri (Cyan, Magenta, Jaune et Noir), l’export au format PDF devra se faire avec la norme FOGRA27 ou Fogra 39 pour de l’impression numérique. Nous parlons bien de fichiers PDF, qui est désormais la norme pour l’impression quadri et numérique.

Le papier non couché (uncoated)

Il s’agit du papier ordinaire pour la papeterie et l’impression commerciale : journaux, annuaires… Il n’a pas de couche (coat) supplémentaire, pas de finition.  Plusieurs catégories existent: vergé blanc, vergé naturel, Biotop blanc, Biotop naturel, papier sans bois blanc (en imprimerie offset), ECO 100% recyclé… De 70 à 100g, la linéature maximum est de133 lpp.

Le papier couché (coated)

C’est un papier de qualité supérieure, brillant et lumineux. Idéal pour les similis, les impressions qui nécessitent beaucoup de précision dans les détails. On l’utilise pour les belles impressions couleurs, les magazines de qualité. Enfin, sachez qu’il existe plusieurs sortes de papier couché selon la qualité recherchée.

Papier couché au glacis

Le papier couché est appliqué au tambour métallique chaud et froid, ce qui lui donne un fini très brillant idéal pour les impressions luxe.

Papier couché une face

Une couche supplémentaire est appliquée sur une seule surface du papier. Avantage : il peut être alors gaufré ou vernis. On l’utilise pour les étiquettes, packaging et couvertures.

La bonne impression

Maintenant, vous en savez plus sur le papier : son histoire et les différents types de papiers qui existent sur le marché. Les fabricants de papier innovent sans cesse et inventent ou remettent au goût du jour un grand nombre de papiers. La tendance actuelle est au papier recyclé, qui bénéficie de nombreux progrès.  On peut citer le papier de la papeterie italienne Favini. Écologique, luxueux ou ordinaire : maintenant vous avez toutes les bonnes raisons pour faire bonne impression !

Mon coup de cœur pour aller plus loin : le livre Impression & finition aux éditions Pyramid. Un ouvrage référence très illustré, sorti en 2007.

Livre impression et finitiondouble page Livre impression et finition